REFERENCE, La Fabuloserie, maison musée, jardin habité

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Le fameux « manège de Petit Pierre » est le joyau de la Fabuloserie, musée d’art brut situé à Dicy, petit village proche de Château-Renard

Pour Pierre Avezard, rien ne se perd : boîtes de conserve, morceaux de tôle, piquets de bois, pneus usagés. Tout se transforme une fois découpé, limé, martelé, raboté et assemblé en un manège merveilleux. Il a commencé à construire ce manège en 1937 lorsqu’il était garçon vacher dans une ferme de la commune de Fay aux Loges dans le Loiret. Il consacrait ses moments de loisirs à prospecter les décharges. Il collectait tout ce dont les gens se débarrassent, il lui aura fallu presque 40 ans pour en venir à bout. Pierre Avezard, dit Petit Pierre (1909-1992)

Le “Manège de Petit Pierre” est une œuvre tout à fait exceptionnelle, c’est-à-dire un chef-d’œuvre comparable à ces chefs-d’œuvre des Compagnons du tour de France . (…) le travail de Petit Pierre, travail de toute une vie, est une sorte de chanson populaire, de romancero, de ballade, faite au moyen de tôles découpées, de fils de fer, de peintures aux vives couleurs, et un pied de nez rigolard à l’atrocité de sa condition d’infirme et de sous prolétaire.

Sourd-muet et borgne, Pierre Avezard, très petit et malingre, fut toute sa vie vacher, puis bûcheron dans une ferme du Loiret. Dès 1937, il commença dans l’étable de la ferme la construction d’une manège qui lui permettait à la fois de distribuer des betteraves aux vaches méritantes et de se protéger des bourrades et des lazzis de ses collègues en bricolant un lit suspendu à une poutre.

En 1955, il s’aménage une maison en terre. Puis son patron lui ayant concédé un petit terrain et une maisonnette, il y construit une tour Eiffel en bois de vingt-trois mètres de haut. Les carrousels superposés et les sujets animés se multipliant, les visiteurs commencent à accourir. En 1970, animée par un petit moteur électrique, l’œuvre comporte plus d’une centaine de figures de métal découpé et peint, avec un système de télécommandes mécaniques que Petit Pierre, juché dans une cabine, actionne avec malignité : jets d’eau sur des visiteurs trop curieux, bombardements sur des tôles bruyantes. (…)

Hospitalisé à la suite d’une première attaque d’hémiplégie, Petit Pierre se rendait néanmoins tous les dimanches au Manège pour l’actionner et accueillir des visiteurs de plus en plus nombreux.

En 1982, une association de sauvegarde évita que le Manège soit détruit par le tracé d’une nouvelle autoroute. (…) Mais les crédits suffisants n’ayant pu être débloqués par le ministère de la Culture, le Manège, faute d’entretien, se détériora et fut vandalisé par les enfants du voisinage. Toute une équipe de bénévoles aida Alain et Caroline Bourbonnais à démonter, transporter et restaurer les pièces du Manège qui désormais fonctionne dans le parc de La Fabuloserie. (extrait de Du côté de l’Art Brut, Michel Ragon, Albin Michel) Fabuleuse FabuloserieEn amoureux des œuvres insolites et des artistes hors-les-normes, Alain Bourbonnais (1925-1988), architecte de profession et créateur par passion, n’a cessé de collectionner, amasser, accumuler de nombreuses trouvailles : ex-voto, art forain, art populaire, art brut… Cet homme insatiable, bon vivant et joyeux plaisantin, a créé un musée pour montrer sa fascinante collection. Ainsi est née, en 1983, la Fabuloserie.

Ce lieu, la Fabuloserie, n’est pas un musée au sens conventionnel du terme. La visite s’effectue avec un guide qui se charge de nous renseigner sur les artistes exposés, de nous raconter l’histoire de leur vie autant que de nous révéler les secrets des oeuvres.

La visite débute par le jardin où l’on peut voir les sculptures de Camille Vidal. Des personnages en béton armé forment un paysage onirique où l’on croise Fernandel mais aussi Adam et Ève, le professeur Nimbus, sa femme, son chien… Ces figures sont empreintes de l’esprit humoristique de leur créateur.

Tout aussi remarquable est le manège de Petit Pierre. Cette œuvre est formée de débris multiples, objets de récupération. Sourd-muet, Petit Pierre s’adressait à ses visiteurs par le biais de pancartes, d’écriteaux leur indiquant les heures d’ouverture, les figures amusantes. Au-delà de l’esprit ludique qui s’en dégage, ce manège est une véritable machination, emboîtement de pièces hétéroclites liées par des rouages bruyants et entraînées par des pneus de mobylette. Animées, les figures bougent : le fermier trait la vache, un homme boit, la voiture des pompiers roule… Chaque détail est important. Ce jardin rend compte de la tournure d’esprit de Bourbonnais, amoureux des créateurs « populaires » envahis par l’esprit d’invention.

A l’intérieur du musée, des pièces emplies de sculptures, de tableaux, de dessins se succèdent. L’énumération de tous les auteurs est impossible, tellement ils sont nombreux. Mais on peut citer, entre autres, Verbena, Chichorro, Amate, Podesta, Pesset… et aussi Francis Marshall. Une salle lui est consacrée. Il s’y trouve une série de personnages aux formes grotesques, burlesques. Ces figures sont des « bourrages », poupées de collants synthétiques bourrées de tissus. Des saynètes racontent l’histoire de Mauricette, fillette un peu falote et gourde mais ô combien attachante.

Les Turbulents, œuvres du maître des lieux Alain Bourbonnais, terminent la visite. Les titres de ces sculptures sont farfelus : Suis-je, suis-je belle, Chouchou recto-verso, Désiré péteur… Comme pour les figures de carnaval, Alain Bourbonnais jouait avec elles. Il y grimpait, les faisait bouger et vivre. Célestine, mère de cette tribu, avec sa grande taille et ses seins en avant, domine le spectateur. Ce sont des sculptures de fête, de rire où l’on imagine encore la silhouette de leur créateur les manipulant avec délice, triturant ces machineries.

La Fabuloserie est aujourd’hui dirigée par Caroline Bourbonnais, femme d’Alain, qui conserve et anime l’esprit et l’âme du lieu.

La Fabuloserie

Dicy, France

1,rue des Canes 89120

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